**** L’industrie dévore la musique. Le chart supplante l’art. La chute est aussi rapide que la montée. Et Adam Levine et sa bande d’inconnus l’auront bien vite assimilé. En perte de vitesse depuis 2010 face au semi-échec du pourtant brillant ‘Hands All Over’, les créateurs de ‘She Will Be Loved’ trouvent le moyen de regagner la lumière en 2011 avec le carton plein ‘Moves Like Jagger’, titre aux accents très pop qu’on sifflote très souvent aujourd’hui encore. Et c’est alors l’illumination pour les Maroon 5, qui décident de ranger guitares, batteries et basses au placard pour entamer le quatrième chapitre de leur carrière et s’embarquer dans le wagon de la musique mainstream comme tant d’autres avant eux. Est alors né ‘Overexposed’. Concocté par une ribambelle de producteurs plus courtisés les uns que les autres (Benny Blanco, Max Martin, Shellback), ce quatrième essai demeure un véritable bouleversement au sein du groupe, Adam Levine se présentant comme le nouveau bad boy romantique de la pop, laissant les autres membres endosser le rôle de figurants pour faire place aux productions taillées radios des poids lourds cités au-dessus. En témoigne le single annonciateur du projet, ‘Payphone (feat. Wiz Khalifa)’ qui, s’il fusille la réputation rock des auteurs de ‘Songs About Jane’, s’avère être un de ces titres pop efficaces dont la mélodie vous rentre en tête pendant de longues heures, que vous le souhaitiez ou non. A première vue, ‘Overexposed’ a tout de la compilation radio usinée au possible destinée à engrosser les portes-monnaies de ces messieurs. Mais qu’en est-il réellement ? Il ne fait aucun doute que cet album reste très lissé et (trop) homogène dans son style musical et dans ses thèmes éculés depuis plusieurs années (une conquête, une relation torride ou masochiste, un jeu de séduction… #Saturation) Mais ‘Overexposed’ offre toutefois sa collection de mélodies soignées et percutantes qui suffisent pour faire des morceaux comme ‘The Man Who Never Lied’, ‘Tickets’ ou ‘Daylight’ autre chose que des produits tout préparés et prêts à être vendus au stations radios. L’acidulé ‘One More Night’ au touches reggae se déguste sans complexe, tandis que l’organique ‘Sad’ où la voix moins poussive d’Adam Levine se marie sans problème avec le piano mélancolique change des productions (trop) répétitives du reste du concept. L’amusant ‘Lucky Strike’ au rythme soutenu reste dans les mémoires et ferait un parfait single, alors que le sauvage ‘Doin’ Dirt’ se démarque par son fond musical techno-dance qui ferait rougir les hits disco de ces dernières décennies. Relégué au rang des indésirables, la savoureuse reprise de Prince laisserait suggérer que la voie empruntée par les Maroon 5 pour cette ère ne serait que temporaire…à voir. Musicalement cohérent, ‘Overexposed’ est en définitive un album pop peu original mais qui s’apprécie sans difficulté. Après réflexions, le fait qu’il s’agisse d’un album des Maroon 5 semble être le majeur problème qu’on puisse lui trouver. Adam Levine a officiellement décidé d’entrer dans la cour des faiseurs de tubes ; et la mayonnaise prend, rien qu’à voir les ventes de l’opus qui frôlent déjà celles de ‘Hands All Over’. Le groupe va-t-il s’appuyer sur ce succès pour pondre un cinquième essai davantage rock ou continuer sur sa voix pop ? La réponse dans quelques années.
Last edited: 03.09.2012 13:33 |